Le commerce des ressources spatiales

Le Luxembourg a adopté le jeudi 13 juillet une loi autorisant l’exploration et l’utilisation commerciale de ressources spatiales situées notamment sur les astéroïdes. Cette loi est une première pour un pays européen. Les États-Unis s’étaient dotés d’une loi similaire en 2015, sous la présidence de Barack Obama.

Le texte adopté par le Parlement luxembourgeois comprend deux volets.

  1. Il considère que « les ressources de l’espace sont susceptibles d’appropriation » (privatisons, privatisons !!!!). Les hydrocarbures, le métal ou l’eau que les entreprises exploiteront dans l’espace leur appartiendront donc.
  2. La loi instaure un cadre légal (?) pour autoriser et superviser des missions d’exploitation des richesses spatiales. Elle précise qu’une entreprise basée au Luxembourg souhaitant exploiter le pactole de l’espace devra au préalable obtenir un agrément des ministres en charge de l’économie et de l’espace.

Le ministre de l’Économie, Étienne Schneider, socialiste (LSAP) porte ce projet. Les écologistes (déi gréng) le soutiennent. Dans la mesure où il est durable ? En effet un certain temps sera nécessaire pour épuiser les ressources extraterrestres… ça risque de durer.

Plusieurs entreprises ont déjà montré leur intérêt et se sont installées au Grand-Duché:

  • 2 sociétés américaines: « Deep Space Enterprise » et « Planetary Resources » dans lesquelles le gouvernement intervient de manière sonnante et trébuchante. Le gouvernement luxembourgeois semble très amoureux des Américains ces derniers temps: après Jeremy Rifkin payé à plus de 450 mille € pour prédire la 3e révolution industrielle…
  • 1 entreprise japonaise: « Ispace »
  • et une société luxembourgo-allemande « Blue Horizon » (de la couleur du parti du Premier ministre Xavier Bettel).

Au-delà des questions morales et éthiques1 que pose l’exploitation financière de l’espace, elles bénéficieront d’un bel environnement fiscal bien optimisé, bien rôdé… Les écologistes à la pointe du combat pour la privatisation de l’univers ? Après le « green washing », le « green spacing »

1Les ressources spatiales sont des biens communs pour tous. L’article 2 du traité sur l’espace extra-atmosphérique de 1967 qui stipule que « l’espace extérieur, y compris la Lune et d’autres corps célestes, n’est pas soumis à l’appropriation nationale par revendication de souveraineté, par l’usage ou l’occupation, ou par tout autre moyen ».

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