Débat revenu unique à Arlon ce 19 juin 2017

Ce lundi 19 juin 2017, c’est dans une salle chauffée par le soleil plombant de ces dernières journées printanières que la FGTB organisait un débat sur le revenu universel.

Le thème : L’allocation universelle, miroir aux alouettes ou solution d’avenir ?

Philippe DEFEYT (ÉCOLO) argumentait pour la défense du revenu universel.

Jean-François TAMELLINI (Secrétaire fédéral de la FGTB) présentait les positions du syndicat sur la question.

Deux visions différentes sur la question: la soirée s’annonce passionnante.

Les deux protagonistes se connaissent, ils se sont « affrontés » à plusieurs reprises. Le syndicaliste remarque qu’à chaque rencontre Philippe DEFEYT revoit son argumentation par rapport aux différentes critiques émises.

Le public, composé d’une trentaine de personnes, était attentif aux deux exposés. Le premier à prendre la parole fut l’écologiste. Il utilise moult gestuelles et effets oratoires (« Je suis ici pour parler du RU [Revenu Universel], mais je ne parlerai pas de RU ») pour développer son idée :

  • Dès lors qu’il atteint ses 18 ans, chaque adulte recevra un revenu de 600 et chaque enfant reçoit 300 €. Il expose les avantages dont bénéficieront les divers groupes sociaux avec 600 ou 300 € de plus chaque mois : plus de temps libre, choix de vie (?), etc.. Effectivement, qui cracherait sur un « Win for Live » de 600 € chaque mois ?

Par chaque adulte, il faut entendre tout résident belge qui paye des impôts, ce qui exclut, par conséquent, une bonne partie des frontaliers. Quid des travailleurs détachés, des réfugiés, des immigrés ? Beaucoup de questions ouvertes sur une universalité pas si universelle.

L’exemple qui frappera sera celui des pensions avec une proposition étrange : un socle de base (600 €) et le reste sont la pension actuelle ramenée de 75 % à 40 % du salaire. Ce calcul augmenterait les (très) petites pensions et diminuerait les (pas très) grosses pensions. pPour y parvenir, les retraites du service public seront alignées sur celles du privé.

Pour son financement, la sécurité sociale ne sera pas touchée… ce qui fait la différence avec un RU proposé par certains pontes libéraux (BOUCHEZ au MR) -la seule ? C’est un demi-mensonge, elle sera à tout le moins manipulée…

Ce mécanisme soulèvera des remarques et des questions durant le débat :

  • C’est donc avec les salaires des travailleurs que le revenu de base sera payé ?

  • Un nouveau « deal » : « Le partage de la misère ? »

  • Le patronat est bien épargné par ce système, on comprend pourquoi certains libéraux y sont favorables.

  • En vertu de quoi certaines pensions, notamment du service public, devraient être rabotées ?

Bref, beaucoup d’interrogations sans réponse et quelques désagréables sautes d’humeur de la part mr DEFEYT qui ne semble pas apprécier la contradiction et encore moins répondre clairement aux questions.

Du côté syndical, la pression sur la sécurité sociale, sur les salaires sont mis en exergue. Le risque d’accroissement rapide des « jobs pourris » ou à 1 € se développerons avec une rentrée d’argent garantie et non payée par les patrons: vous avez déjà 600 €, alors acceptez n’importe quoi. La différence entre une allocation et le principe de solidarité des caisses contrôlées par les travailleurs est soulignée. La porte n’est pas fermée, mais un accord entre les deux parties n’est pas pour demain (heureusement -NDLR-).

Dans l’assemblée, si la plupart des personnes présentes sont sceptiques, certains délégués semblent se laisser bercer par les sirènes du RU.

Ce fut un débat intéressant qui n’est certainement pas terminé, mais qui, actuellement, n’est pas le plus prioritaire?

Étrangement, le PTB n’était présent à cette soirée…

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