2019, changer de cap

Au douzième coup de minuit, le 31 décembre, on ne s’embrasse plus, on ne s’enlace plus, on ne se souhaite plus bonne année, enfin pas tout de suite. On souffle un brin après cette année tumultueuse qui s’achève. Entre l’année de la collapsologie et son dérèglement climatique, les manifestations en tous genres, il y n’y a pas de quoi se réjouir ! Et pourtant…

Ça bouge.

Le mouvement des gilets jaunes n’est pas celui des laissés pour compte : beaucoup se définissent comme de la « classe moyenne » simplement parce qu’ils ont un emploi. Ils se sentent citoyens, ils croient au principe de l’égalité des individus et en ont marre d’être pris pour des imbéciles. C’est pourquoi on y retrouve celui qui vilipende les « assistés » et celui qui sait que les chômeurs et les précaires ne sont pas volontaires pour l’être.

Changeons de cap.

Récupérons le rôle insuffisamment tenu à gauche par les syndicats et par des partis pusillanimes. Dégageons des lignes directrices, exprimons ce que pourrait être un cap, corrigeons les dérives racistes et xénophobes. Ne restons pas sans rien faire en se demandant si ça passera ou si cela cassera.

Des lieux d’analyses existent à propos des institutions. Les événements actuels peuvent offrir bien mieux. Que des textes, des idées sortent de ces luttes ! Que s’organisent des réflexions, que les générations élevées avec Internet s’en emparent ! Des propositions en jailliront plus neuves que celles des politiciens formatés. Ce sont les citoyens qui doivent cogiter la chose publique.

Cela commence au plus près, à la commune, à condition de la rétablir comme lieu véritable de décision de la mise en œuvre de la vie quotidienne des habitants. Or, on vide les communes de tout pouvoir au profit d’un étage intermédiaire géré entre « élus » notables dans les intercommunales, au nom de l’efficience bien sûr… et de leurs intérêts bien pensés (cf. Patrick Adam et sa double casquette taillée sur mesure ; l’entourloupe des directeurs d’Idélux pour déplafonner leurs salaires1).

Au fédéral, Charles Michel a joué la carte des « responsabilités » dans son discours de démission, carte reprise par les partis traditionnels de l’opposition (PS, Défi, cdH, Écolo).

Prenons le pouvoir.

Reprendre aux riches et à leurs séides la gestion d’un pays de plus de 11 millions de citoyens nécessite des règles nouvelles élaborées en changeant totalement de paradigme : une conception de l’État comme une structure qui fournit aux groupes humains, qui s’organisent eux-mêmes, les moyens de fonctionner sereinement. Très vite les questions de lieu et de forme des décisions économiques se poseront et nous devrons y répondre à partir des expériences existantes de systèmes viables : gratuité, coopératives de production de biens et de services, l’essence de la lancinante question des financements émergera. Faite d’échanges entre humains, l’« Économie » redevient un simple outil dont nous dominerons la conception et l’usage.


1 La ministre wallonne des Pouvoirs locaux Valérie De Bue a reçu une proposition surprenante dans le contexte social actuel. Cette idée, conseillée par un avocat spécialisé dans le droit des entreprises, c’est de créer une ASBL qui viendrait chapeauter l’intercommunale Idélux et permettre à ses directeurs généraux d’éviter de voir leurs salaires plafonnés.
Il apparaît que, selon TV Lux, les quatre membres de la cellule groupe -directeur général, conseiller général, secrétaire général et directeur financier – dépassent ce plafond.


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