POUR écrire la liberté se présente …


POUR écrire la liberté

Coopérative citoyenne de médias libres

Jean-Claude, son rédacteur en chef, présente son projet

et vous invite à en discuter le vendredi 18 novembre à 20 heures

Rendez-vous chez Marianne au 106 avenue de Mersch à Arlon.


Un besoin criant

Le monde est dans une période d’incertitude. On ne sent pas l’avenir, on sait le changement nécessaire mais on le redoute, on doit avoir de l’audace mais chacun craint d’imposer sa vision propre.

« Seuls les poissons morts avancent avec le courant du fleuve ». Ce proverbe s’applique bon an mal an à la pensée comme dans une crue politique contemporaine. Le courant dominant (mainstream) se déverse : la compétition des humains serait la seule règle pour la société de l’avenir.

L’évolution se fait sans la population, et même parfois avec sa collaboration médusée, entraînée dans la course à la consommation, bloquée par les menaces qui pèsent sur les emplois. Elle se propage comme un nouvel ordre naturel, la compétitivité, qui entre dans les coeurs et les esprits par la religion de la croissance et la peur de ne pas en être adepte. Les inégalités progressent à un rythme inconnu dans l’histoire du capitalisme.

Nous avons donc un énorme devoir de remise en confiance

de toutes les personnes qui tentent d’inverser le courant.

Les exposés intellectuels et factuels ne manquent pourtant pas, pour décrire de manière parfois brillante une évolution vers le désastre social et écologique.

Des mobilisations citoyennes réunissent des gens qui comprennent que l’avenir ne sera pas meilleur en restant dans l’ornière.

Dans la jeunesse, massivement interdite de projet de vie, un nouveau langage naît, avec des analyses et des comportements qui se font fulgurants, immédiats, non reliés.

Mais les alternatives empilées ne forment pas une politique alternative.

Nous devons donc (modestement) penser le LIANT des réflexions et des actions,

et élaborer ce qui donnerait force et sens à une autre voie.

Nous sommes quelques-unes et quelques-uns à croire que ce LIANT doit être travaillé, puis progressivement révélé dans une démarche respectueuse des pensées inédites, des expériences éparpillées, des résistances, des créations inédites.

Une initiative adéquate

Pour cela, nous entendons mettre au point un projet à deux volets : un laboratoire d’idées (think
tank
) et une édition multiforme.

Nos deux défis consistent à

  • Alimenter la pensée politique qui est clairement en panne
  • Adapter l’expression politique pour qu’elle atteigne toutes les couches de la population

Nous voulons, pour y parvenir

  • Nous ouvrir à toutes les formes de résistance, mais surtout, à toutes les forces de proposition
  • Les présenter par les canaux médiatiques les mieux adaptés


Notre démarche est et restera collective

  • Par l’action d’une société coopérative éditrice
  • Par l’ouverture aux collaborations de qualité, plurielles, internationales et dynamiques


Nous avons déjà développé de premières expériences que nous voulons maintenant amplifier.

  • Parmi d’autres sources, nous sommes partis des axes du Collectif Roosevelt, né sur l’idée de base qu’il faut remettre l’économique à sa place et ainsi réhabiliter la primauté d’un programme politique.
  • Nous avons été et sommes attentifs à toutes les productions collectives qui dénoncent, s’interposent et proposent.
  • Durant l’été 2015, une édition du journal POUR tiré à 170.000 exemplaires, jetait un éclairage fort et direct sur les projets de traités transatlantiques. Depuis lors, POUR se développe sur les réseaux sociaux et parvient à provoquer une circulation dense et riche d’informations et de débats. Le site internet pour.press devient une référence.
  • Un
    site internet
    www.pour.press qui brasse des textes sur l’Europe, la démocratie, le temps de travail et la remise en cause de la domination du libre-échange
  • Un facebook très consulté, pour intervenir de manière plus immédiate et relier les lecteurs
  • Des conférences de qualité 
  • Des brochures qui permettent de « faire le point » sur certains thèmes
  • La participation à des laboratoires d’idées (think tank) comme le collectif Roosevelt
  • Une newsletter qui relance régulièrement la participation et l’implication des gens en réseau
  • En alerte permanente

    Il ne se passe pas une semaine sans que nous découvrions les profils inquiétants de la société qui se construit sans nous. Chaque fois, nous sommes à la recherche éperdue d’une autre voie, quand, en force, il nous est répété qu’il n’y a pas d’alternative.


    Des monstres froids, dominateurs, qui n’ont d’autre raison que l’argent à accumuler, nous imposent notre mode de vie, notre niveau de vie, notre cadre de vie. Ils veulent maintenant établir notre droit commun en lieu et place de notre représentation politique.


    Les événements sociaux et environnementaux sont présentés comme des évolutions inéluctables, des adaptations nécessaires, des soumissions obligées.


    La parole dominante se déverse sans arrêt. Nous sommes priés de regarder fixement l’autel de la croissance et de réciter avec ferveur les versets de la vertueuse compétitivité. En même temps, il nous faudrait détester ce qui fonde notre vie commune : l’action publique, les mécanismes solidaires, la coopération des sociétés.

    Ce nouveau pouvoir progresse, enregistre victoire sur victoire. Il nous laisse des désastres qu’il fait admettre comme des nécessités, ou des faits inéluctables dont on ne peut désigner les responsables. Pour ces événements récents, cherchez les responsabilités, vous n’en trouverez pas, si ce n’est la notion abstraite de recherche effrénée du gain : Caterpillar, ING, Fukushima, …

    On ne traîne pas le productivisme devant les tribunaux, sa propre logique « globale » a tendance à décourager toutes celles et ceux qui pensent que d’autres pistes doivent s’imposer dans la vie collective.

    L’action politique est en panne,
    du moins celle qui

    • entend faire prévaloir une société solidaire
    • choisit l’action publique
    • place la liberté des gens devant les droits du commerce
    • relie le social, l’environnemental et la préservation du futur
    • mise sur la culture et l’intelligence plutôt que sur le productivisme et l’uniformité

     

    L’offensive des compagnies transnationales est passée dans une phase décisive :

    • par de nouveaux traités internationaux, elles veulent imposer leurs normes de protection des investissements et d’imposition de leurs produits
    • elles prennent le contrôle de toutes les ressources possibles
    • elles déplacent leurs productions au gré de leurs intérêts

    Nous devons alerter sur la centralisation des pouvoirs.

    Les structures se modifient, les modes de vie sont transformés, le pouvoir des gens sur leur avenir et leurs relations sociales évolue sans contrôle

    • financiarisation de l’économie
    • contrôle informatique des modes de vie, de la sécurité, des comportements et des pensées
    • privatisation des activités d’intérêt collectif et général
    • destruction des structures économiques collaboratives, locales et régionales (pme)

    Nous devons alerter sur la dégradation de la vie en commun.

    Mise en valeur des autres voies

    Le pire serait de considérer que ceci relève d’un combat impossible, désespéré, comme face à une hydre.

    Un très bon exemple de réveil citoyen vient d’être fourni autour du dossier CETA. La mobilisation a permis d’écorner sérieusement ce traité libre-échangiste. Les analyses ont été propagées, les opposants se sont réunis sur l’essentiel et n’ont pas cédé aux divergences secondaires. Le Parlement wallon a pris conscience de sa responsabilité démocratique, le gouvernement a écouté la voie démocratique et a résisté face aux pressions. Le politique légitime s’est fait entendre face à l’économique arrogant. Mieux, une part élargie de la population a pris conscience d’une nouvelle capacité d’agir.

    Relevons aussi toutes les initiatives qui, par rapport à ce nouveau pouvoir

    – entendent le contester, pied à pied, en refusant les mesures injustes qu’il impose

    • oppositions syndicales

    • défense des services publics

    • dénonciation des exclusions, …

    – prétendent le contourner

    • construction d’alternatives de production

    • consommation responsable

    • participation aux ONG

    – désirent le réformer

    • stratégie des amendements raisonnables

    • correction des décisions les plus injustes

    Mais peut-on lui opposer un autre régime ? Un autre avenir ?

     

    Nous mettrons en évidence et soutiendrons toutes les réflexions et toutes les actions qui indiquent qu’un autre avenir est possible.

    La prétention de POUR Coop n’est pas d’indiquer la voie à choisir par tous les auteurs de ces résistances et de ces propositions. Nous ne sommes pas là pour nous placer dans la vie politique organisée. Toutefois nous savons que c’est la connexion, voire la réunion des actions qui pourront tracer une autre voie politique.

    Pour l’heure, nous choisissons de privilégier les angles d’attaque suivants :

    • nous opposer aux pouvoirs transnationaux qui veulent imposer la loi du libre-échange au-dessus des lois publiques, de la solidarité et de la protection des populations
    • il est clair que l’essentiel est de faire barrage aux grands traités (ttip, ceta, et autres) de protection des investissements et de circulation des produits ; remettre de l’ordre dans le droit et soumettre le commerce à la justice sociale, à la défense de l’environnement et aux nécessités du développement de toutes les sociétés
    • mettre l’Europe sur la voie d’une réforme globale
    • passer du grand marché à la grande collaboration, pour redonner du sens au projet européen qui se délite en replis communautaristes, conflits d’intérêts, attachement aux lobbys et retrait global de l’action piblique
    • faire progresser la réduction collective du temps de travail
      • passer d’une mécanique d’exclusion à une volonté concrète d’association de tous à la vie sociale et productive

    Rendre compte, écrire, créer, diffuser


    Nous pensons que nous correspondons

    • à un besoin

    • à une attente

    • à un espoir

    Sans le moindre sectarisme, sans la moindre volonté de leadership, sans prêcher la voie politique « du haut vers le bas », sans imposer une vérité, nous allons agir en propageant des ferments qui permettront de gonfler les effets des analyses et des actions.


    Nous ne sommes en concurrence avec personne. Souvent, nous proposons de répercuter et amplifier ce qui se fait par des journaux d’intervention, des groupes politiques, sociaux, syndicaux, associatifs.

    Notre ouverture ne peut être un vain mot. Les pièges actuels de l’expression politique sont

    • l’adresse exclusive à son propre public de référence : rester dans la boucle de ceux qui pensent que leur propre politisation est la bonne
    • la mise en avant permanente d’un programme incantatoire
    • le catastrophisme qui désarme et retire les raisons d’agir et d’espérer

    Voilà pourquoi nous choisirons une écriture libre qui traduit de manière créative les inquiétudes et les projets, qui met en valeur les oppositions et les constructions collectives d’avenir.

    De manière apaisée, rendons compte des actions de tout qui se met debout pour endiguer le courant dominant. Renvoyons aux uns et aux autres l’image positive de ce qu’ils entreprennent et de ce qui les relie.

    Pour cela, nous n’aurons pas peur d’utiliser des formes créatives, culturelles, subjectives. Nous pourrons être impertinents, voire satiriques. Nous pouvons recourir à l’image, au dessin et à la poésie.

    Ce sera notre manière d’offrir du réel aux intuitions fortes qui marqueront la pensée politique positive à laquelle nous aspirons. Puisque notre monde est unique, reprenons l’altermondialisme. Puisque notre monde est fait de deux, faisons place à l’approche féminine, non comme une concession mais comme une nouvelle manière d’être. Puisque la marchandise se veut totalisante, choisissons les modèles qui s’en échappent. Et puisque les canaux d’expression sont définitivement modifiés, participons aux langages et aux correspondances qu’ils emportent.

     


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