Partenariat public-privé; qui sont les pigeons ?

La grève à la maison de soins « An de Wisen » nous montre le fonctionnement des partenariats public-privé si chéris de nos représentants. Nous vous livrons l’analyse que le syndicat OGBL(1) a faite de cette situation.

La conclusion et simple et si attendue : le privé ne cherche que le profit et les pigeons seront toujours les contribuables …

Dans le cas présent, les travailleurs et travailleuses de l’établissement ont dû recourir à la grève pour préserver les acquis de leur convention collective.


Extrait de la revue Aktuell #3 2018

Sodexo, l’argent public et le secteur des soins.

La relation du gestionnaire de la maison de soins « An de Wisen » à Bettembourg, c’est-à-dire Sodexo, avec l’État luxembourgeois est des plus intéressantes. Au départ, on retrouve une convention signée en 1992 entre la multinationale et l’État, retenant que l’État mettra gratuitement à disposition de Sodexo le terrain de 400 ares où se situe actuellement la maison de soins, sur lequel la multinationale s’engage à construire un tel établissement. La convention prévoit encore que l’État versera pendant 20 ans un loyer à la multinationale, au terme desquels l’État récupérera le terrain et la maison de soins. 26 ans plus tard, Sodexo exploite toujours la «résidence». Et le ministère semble ne jamais avoir fait usage de son droit de contrôle et de surveillance, prévu pourtant aussi par cette convention. Passons ensuite rapidement sur la deuxième convention signée entre Sodexo et l’État — dont on ne sait d’ailleurs presque rien — et la création par Sodexo Luxembourg S.A., en 1995, d’une ASBL qui devient à partir de là, officiellement, l’entité qui gère la maison de soins (ASBL qui changera plusieurs fois de nom et dont les responsables sont exactement les mêmes personnes que ceux qui dirigent Sodexo Luxembourg et Sodexo Senior Services) ainsi que sur l’introduction, en 1999, de l’assurance dépendance et arrêtons-nous, un instant, sur les bilans comptables de l’établissement. Ces derniers révèlent en effet que l’ASBL qui gère la maison de soins a fait pendant plusieurs années des millions de bénéfices avec l’argent public de l’assurance dépendance. L’ASBL prête également tous les ans, plusieurs millions d’euros à sa maison-mère. Enfin, l’ASBL sous-traite depuis plusieurs années toutes les activités ne relevant pas directement des soins à… Sodexo à des tarifs très lucratifs. Au-delà de la critique légitime de la pratique de la sous-traitance, disons simplement que le gestionnaire de l’établissement pourrait, au moins, opter pour un autre sous-traitant, plus compétitif. Au regard de ce tableau, il peut paraître surprenant que les dirigeants de la maison de soins évoquent régulièrement un risque de faillite, menacent de licencier du personnel ou qu’ils aient eu des difficultés à revaloriser les carrières de leurs salariés FHL. (Sodexo International, c’est: 427 000 salariés dans 80 pays, le 1er employeur en France et 20,7 milliards d’euros de chiffres d’affaires annuel)


(1Fort aujourd’hui de plus de 72 000 membres, l’OGBL est de loin le syndicat le plus important au Luxembourg

 

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