Dimitri ou justice bien ordonnée commence après les élections ?

 

Dimitri Fourny soupçonné de prises illégales d’intérêt …

Alors que le chevalier blanc chestrolais s’escrimait contre les barons roses de Publifin, Jean-Yves Dermagne avait demandé un rapport sur le député-avocat Dimitri Fourny (cdH) dans le cadre de ses missions de recouvrement de créances pour l’intercommunale hospitalière Vivalia via l’huissier Graulich.

L’administration s’interroge sur un potentiel volet pénal de cette affaire.

Résumons les faits :

Dimitri Fourny a appuyé le recours à tabellion de justice Bernard Graulich pour récupérer les créances de l’intercommunale locale de soins de santé Vivalia. Une fois désigné, Bernard Graulich a ensuite fait appel, notamment, à Dimitri Fourny pour traiter ces dossiers. Les 2 hommes se connaissent bien. Me Bernard Graulich et Me Dimitri Fourny sont en copropriété dans un immeuble dans lequel ils ont acheté des espaces où ils ont logé leurs bureaux respectifs.

Me Dimitri Fourny traiterait environ 700 dossiers de récupération de dettes pour Vivalia pour Arlon et Neufchâteau pour une rémunération de minimum 100 euros pièce. Au total, sa mission lui rapportait des honoraires pour un total d’environ 70.000 euros par an.

M. Fourny a participé au choix de Me Bernard Graulich comme huissier. En effet, le PV d’une réunion du 30 mai 2002 d’une clinique aujourd’hui intégrée dans Vivalia montre que Dimitri Fourny s’est occupé des services offerts par Me Graulich pour l’hôpital. « Sur la base des offres reçues des différents huissiers de justice pour les injonctions de payer, M. Fourny manifeste l’intention de tenter un essai de 6 mois avec le bureau Graulich », lit-on dans le PV de réunion du groupe « Économies » du 30 mai.

D’autres PV relèvent que le chef de groupe cdH a participé activement à des meetings préparatoires ayant débattu de l’attribution de la mission de recouvrement des créances de Vivalia à Bernard Graulich.

Le conseil d’administration (de Vivalia) a désormais le choix entre trois options:

  1. laisser la situation en l’état, mais en confirmant l’huissier Graulich par le CA;
  2. garder celui-ci, mais en lui précisant de choisir un avocat qui ne peut engendrer de conflit d’intérêts ;
  3. lancer un appel d’offres ouvert à tous les [556] huissiers de Belgique.

Vivalia dit réfléchir à lancer un marché public avec un cahier des charges précis. Contacté par nos soins, le député Fourny n’a pas répondu à nos appels.

Me Vincent Ghislain, le bâtonnier du barreau de la province de Luxembourg, estime que Dimitri Fourny viole la déontologie. « C’est lui-même qui a voulu laver plus blanc que blanc, qu’il assume maintenant. Plus le singe monte haut, plus il montre son cul. Ça fait longtemps que la situation perdure, mais mes prédécesseurs ne s’en sont jamais occupés. En réalité, Me Fourny joue un peu avec les règles. Il était l’avocat de l’intercommunale d’Arlon, ce qui allait encore, mais avec la fusion créant Vivalia associant notamment Neufchâteau, la commune dont il est bourgmestre, ils ont trouvé un subterfuge de haute voltige juridique où il est désigné par un huissier, ce qui est contestable et pose un problème déontologique », a-t-il confié au journal « L’Écho »

Des juristes parlent d’une prise illégale d’intérêt et en appellent au Procureur général de Liège.

En novembre 2017, la ministre des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue [MR], a transmis le rapport au bâtonnier de Luxembourg. À lui d’assurer le suivi du dossier et éventuellement de le transmettre aux autorités judiciaires. Le procureur général à Liège Christian De Valkeneer suit le dossier avec intérêt.

Y verra-t-on plus clair avant les élections communales ?


 

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